Les fermes d’Espoir
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Les Fermes d’Espoir

Article du Parisien 19/09/2021 Par Christophe Lefèvre

Montmagny : 12 jeunes vont apprendre un métier en dépolluant le fort de la Butte Pinson

L’association Les Fermes d’espoir va lancer un atelier chantier d’insertion autour du fort de la Butte Pinson. Des jeunes vont ainsi être formés à la gestion des déchets en milieu naturel.

Montmagny. Douze jeunes devraient être formés durant un an à raison de 28 heures par semaine. Six d’entre eux devraient être recrutés par Suez environnement. LP/Christophe Lefevre

Les chèvres ont commencé à s’attaquer aux grandes herbes des douves qui encerclent le fort. Elles recevront bientôt une aide appropriée pour les espaces verts situés autour et qui ne représentent pas moins de 5 ha. L’association Les fermes d’espoir, qui gère la ferme pédagogique toute proche, va en effet lancer un atelier chantier d’insertion autour de la Redoute de la Butte Pinson, ce fort construit à la fin du XIXe siècle pour protéger Paris, aujourd’hui niché dans les 120 ha du parc de la Butte Pinson.

Si les bâtiments en pierres et en briques rouges accueillent actuellement des associations locales, l’espace situé tout autour va connaître dans les prochaines années une véritable transformation avec un travail de nettoyage, de dépollution, de mise en agriculture et d’écopâturage.

Une pépinière ou de l’écopâturage à la place des caravanes
La centaine de familles de gens du voyage installée depuis des décennies dans le parc du fort va être relogée dans 93 logements actuellement en construction à Montmagny. Les vingt premiers devraient d’ailleurs être livrés à la fin de l’année 2022. À terme, à l’issue de ce qui s’apparente comme la plus grosse opération de relogement de voyageurs, l’espace aujourd’hui occupé par les caravanes va faire l’objet d’une renaturation et pourra accueillir notamment une pépinière ou encore de l’écopâturage. Ce changement nécessite un important travail de dépollution et d’enlèvement des déchets qui souillent actuellement le parc.

Une mission confiée aux bénéficiaires du chantier, qui seront formés sur la question des déchets. « On s’est penché sur la question du fort il y a environ quatre ans, explique Julien Boucher, directeur de l’association. La problématique des déchets est prégnante, mais on essaie d’amener une dynamique d’intégration. On dépense beaucoup d’argent pour les déchets, alors que cela peut être un outil d’insertion. Pour les gens, c’est aussi l’opportunité de se former et d’accéder à l’emploi. » Les fermes d’espoir ont fait depuis des années leurs preuves dans le domaine de l’insertion, et notamment en donnant une nouvelle chance à des personnes condamnées à des travaux d’intérêt général (Tig).

Issus des quartiers prioritaires ou de la communauté des gens du voyage
Les brigades vertes, le nom du chantier, accueilleront de leur côté douze jeunes, issus de quartiers prioritaires de la politique de la ville, et de la communauté des voyageurs installés sur le site. Des familles qui ne connaissent pas forcément le site. À l’image de Rachel, qui vit à quelques mètres du fort mais n’a franchi ses grilles qu’il y a quelques jours. « Je n’étais jamais rentrée, car je pensais que c’était interdit, sourit la jeune femme de 22 ans. Ça fait bizarre, car j’ai grandi à côté. » La volontaire, en service civique à la ferme pédagogique depuis deux mois, salue la mise en place du chantier. « C’est vraiment une bonne chose, souffle-t-elle. Il y a des endroits où il y a beaucoup de déchets.

« Si on fait appel à des jeunes d’ici, le travail sera d’autant plus respecté derrière », glisse de son côté Patrick Floquet, maire (LR) de Montmagny et président du syndicat intercommunal pour l’Étude et l’Aménagement de la Butte Pinson, propriétaire du site depuis 1973, bien décidé à œuvrer pour « ce patrimoine à valoriser ». « C’est souvent nettoyé, mais resouillé dans la foulée, précise Julien Boucher. L’idée, c’est que les gens soient partie prenante. »

Suez environnement devrait embaucher 6 participants
Pour la première des cinq promotions, ces douze jeunes vont ainsi être recrutés pour une durée d’un an, à raison de 28 heures par semaine. À l’issue de leur formation théorique et pratique, six d’entre eux devraient notamment être embauchés par l’entreprise Suez environnement, partenaire du dispositif.

« On veut aussi se questionner sur la façon dont on traite les déchets, souffle Julien Boucher. Nous sommes sur des nouveaux métiers. On va mettre en place une pédagogie particulière, pour appréhender tout l’univers du déchet, avec un travail sur le développement durable. Ça permettra aussi de se positionner dans un environnement qui prend en compte ces problématiques. »

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